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21 octobre 2007
Presse «évitée», démocratie niée
Gilles Bourdouleix a beau s’être plusieurs fois déclaré assez peu sarkozyste (bien qu’il soit revenu à de meilleurs sentiments depuis le 6 mai dernier), il n’empêche qu’il partage avec l’actuel locataire de l’Elysée, un point commun assez détestable : la propension à considérer qu’une bonne presse est une presse aux ordres et dans la ligne du pouvoir !
Le rêve de journalistes transformés en chargés de communication
La récente actualité locale vient de nous en fournir une nouvelle preuve avec le black-out infligé par le Député-Maire et sa majorité municipale à la presse locale, à savoir Ouest-France et le Courrier de l’Ouest (et pas Canal Cholet… ?). Leur faute ? Avoir «déplu», dans leurs articles, au Député-Maire de Cholet qui, lui, considère que le travail de la presse est de se contenter de relayer, sans discussion ni commentaire, l’information pré-mâchée, distillée par ses soins et ses services sans manquer, à l’occasion, de rendre hommage à son immense génie. Pour peu que les journaux sortent de ce cadre strict, le Député-Maire se fâche, fulmine, menace et n’hésite pas à agir… en justice ! On ne compte plus, en effet, les déclarations martiales et déplacées, les courriers incendiaires et les éditos furibards que le Député-Maire de Cholet a commis, depuis 1995, pour traîner plus bas que terre une profession qu’au final il méprise profondément tant il n’a toujours pas compris qu’elle n’avait pas pour but de lui servir de cire-pompe mais d’être un témoin et un commentateur des faits. Sinon, autant transformer tous les journalistes en chargés de communication ! Un rêve que Gilles Bourdouleix n’est malheureusement plus seul à caresser puisqu’il est partagé désormais jusqu’au plus haut sommet de l’Etat !
Des journaux et des journalistes qui se révoltent
Tant au plan national qu’au plan local, la profession journalistique ne semble vraiment plus décidée à subir cette pression inadmissible et se révolte désormais publiquement. Nous avons, ici-même, mis récemment en ligne une pétition nationale lancée par plusieurs syndicats de journalistes pour l’indépendance de la presse, de plus en plus menacée depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, et le droit à une information honnête, indépendante et plurielle.
Au plan local, un vent de révolte se fait de plus en plus sentir dans nos quotidiens régionaux. C’est d’abord le Courrier de l’Ouest qui, lors de son compte rendu du Conseil Municipal du 10 septembre dernier, dénonce, dans un encadré spécifique, le mensonge patent du Député-Maire à propos de sa soi-disant non connaissance de la décision de justice condamnant la Ville à publier, sous astreinte de 1.000 € par numéro, un droit de réponse de la rédaction du quotidien départemental dans Cholet Magazine. C’est ensuite Ouest-France qui, dans son édition des 13 et 14 octobre derniers, n’hésite pas à informer ses lecteurs de l’attitude pour le moins inédite et condamnable du Député-Maire qui, en guise de «punition» d’une presse qui ne va pas dans le bon sens, n’a plus le droit à aucun contact avec la Ville et refuse que la moindre invitation ou le moindre communiqué de presse lui soit désormais adressée… Soit un véritable black-out sur l’information municipale. Une attitude qu’il faut bien, au risque de se répéter, malheureusement qualifier de scandaleuse tant on ne peut absolument pas cautionner ce genre de dérive.
Un réel danger pour la démocratie
La presse ne peut en aucun cas se transformer en supplétif d’un pouvoir en place, quel qu’il soit, sans que cela constitue un danger réel pour la démocratie et les fondements de nos institutions républicaines. Comme le rappelle, à juste titre, Ouest-France, la presse «a toujours permis de développer le lien social et d’animer le débat local». Bien sûr, comme n’importe quelle institution (elle en est une), elle peut, elle aussi, faire l’objet de critiques (il nous est arrivé, ici, d’en exprimer quelques unes) mais il ne saurait être question de nier son existence, de remettre en cause sa profonde utilité et sa légitimité ou plus simplement de l’empêcher de faire son travail sereinement.
La presse et la justice ne sont certainement pas les mamelles du totalitarisme, pour reprendre la lamentable sentence assénée récemment par Gilles Bourdouleix. Vouloir les contrôler ou, à défaut, les faire taire, est bien, en revanche, la caractéristique de toute dérive totalitaire ou, au moins dictatoriale !
21:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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